3 questions à… Danielle McCaffrey, rédactrice en chef de Néon

Néon (Prisma Media) fête ses 5 ans avec un numéro collector. Si la diffusion de ce mensuel s’est érodée à 36 250 exemplaires l’année dernière (contre 38 438 exemplaires en 2015), le titre reste plébiscité par un lectorat jeune et urbain. Sa rédactrice en chef Danielle McCaffrey nous en dit plus.

Cinq ans après son lancement, comment se porte Néon ?

Le titre se porte plutôt bien, et si c’est toujours le cas cinq ans plus tard, c’est grâce à son positionnement unique dans la presse magazine : un mensuel avec des témoignages sans tabou, des récits d’expériences, un ton propre avec des articles écrits à la première personne… Nous avons l’habitude de dire que Néon, c’est plus qu’un magazine, c’est une expérience : on y trouve des angles inédits et des sujets « pépites ». C’est un magazine progressiste, ouvert, sans jugement mais avec un point de vue. Par ailleurs, Néon a aussi grandi avec ses lecteurs, et est un peu moins générationnel qu’à ses débuts, et va aujourd’hui au-delà de la cible des 20-35 ans. Notre objectif est de fidéliser notre lectorat et non pas d’être un simple média « de transition », nous pouvons accompagner les lecteurs dans leur évolution et leurs changements de cap. Ce n’est pas pour autant que nous perdons les lecteurs les plus jeunes, autour de 20 ans, car nous gardons notre ton et notre impertinence.

Comment comptez-vous soutenir votre diffusion et en particulier les ventes au numéro ?

Nous misons sur une diffusion stable en 2017. Globalement, la moitié de notre diffusion est assurée par les ventes au numéro. En janvier dernier, nous avons changé de messagerie pour passer chez Presstalis. J’ai notamment présenté en début d’année à ses délégués régionaux notre titre et son positonnement : en linéaire, nous estimons que notre place est à côté de titres comme Society, Causette ou Technikart, des magazines jeunes, de société, et avec un vrai contenu. Pour nos 5 ans, nous avons publié la semaine dernière un numéro collector, avec deux couvertures. Il bénéficie d’un soutien en points de vente avec de l’affichage digital, un présentoir exclusif présent dans 145 points de vente, et une campagne dans les titres du groupe ainsi qu’en BtoB. Nous proposons également une offre commerciale originale puisqu’il est possible d’acheter un deuxième exemplaire de Néon pour 2 euros de plus (contre 3,70 euros), pour l’offrir à un ami. Et ce, alors que le thème de ce mois-ci est justement « Jusqu’où aller par amitié ? ».

Alors que Néon cible un public jeune, vous gardez visiblement foi dans le support papier. N’est-ce pas paradoxal à l’heure du numérique ?

Pour moi, Néon c’est un peu comme un vinyle : c’est un bel objet, avec de l’attention portée à sa couverture, à sa fabrication, un travail sur la photographie, via laquelle on fait émerger beaucoup de jeunes talents. Il y aura toujours des fans de l’objet, qui se veut iconique et un peu statutaire. C’est un peu comme le cinéma : on continue à aller en salles pour voir les films autrement. Là, on peut se plonger dans le magazine, avoir une parenthèse. C’est une expérience en soi de lire un magazine, un moment pour soi, pour répondre aussi à une envie de ralentir. Mais parallèlement, nous développons aussi la marque Néon ailleurs, que ce soit en digital, avec des produits dérivés, ou en édition.