Grève : des conséquences réelles pour les marchands de presse

La semaine dernière avait lieu une grève en réaction à la réforme du Code du travail. Elle a notamment touché les imprimeries, avec pour conséquence une absence de papier, et pas des moindres, puisque les marchands de journaux et nos concitoyens ont été privés de quotidiens nationaux.

Dommage que l’exercice d’un droit au sein de notre démocratie (celui de faire grève) en entrave un autre (celui de disposer d’une presse libre). Une presse libre, c’est une presse qui diffuse aussi toutes les opinions, pourquoi ne pas s’en servir plutôt que de l’empêcher de paraître ?

Museler la presse pour se faire entendre est un paradoxe que notre organisation professionnelle a du mal à comprendre. De surcroît, cette action contribue à orienter le lecteur vers d’autres supports, notamment le numérique.

C’est pousser encore un peu plus les fidèles au papier vers internet, et les précipiter dans les griffes des GAFAM (ces grands groupes comme Google, Facebook, etc.), qui non seulement captent l’essentiel des données lecteurs, des contenus des éditeurs et des revenus générés par la publicité, et n’ont cure des difficultés économiques de notre pays en fragilisant toujours plus la position de notre presse et des médias.

C’est surtout, nous semble-t-il chez Culture Presse, se désolidariser d’avec l’ensemble de la filière, à commencer par les marchands de journaux. Ils n’ont eu d’autre choix que de constater et « faire avec » l’absence de quotidiens sur leurs linéaires, au grand dam de leur clientèle. Ils ont été empêchés de satisfaire à leur mission démocratique de passeur d’information.

Jean-Pierre Jarre, membre du Bureau national de Culture Presse, Président de la région Rhône-Alpes, et du département de la Savoie.