Sven Ortoli et Fabrice Gerschel, Philosophie Magazine

Philosophie Magazine publie jeudi un hors-série consacré à Gaston Lagaffe et au travail (8,90 euros, codif. 06296). L'occasion de revenir sur l'évolution du mensuel avec son éditeur Fabrice Gerschel et son rédacteur en chef des hors-séries Sven Ortoli.

 

Philosophie Magazine a changé de formule en février. Quel bilan tirez-vous après neuf mois ?

Fabrice Gerschel : Nous avons de très bons résultats sur le numéro de février et depuis l'été, malgré un creux pendant la présidentielle. Le magazine est en progression depuis la rentrée par rapport à l'année précédente : les ventes au numéro ont augmenté de 12% en février et 20% depuis fin août.

Je pense que cette bonne évolution de l'automne est due à des couvertures emblématiques (L'Autorité qui faisait référence à Macron et la Vérité qui faisait référence à Trump) de ce que l'on veut faire : traiter des grands sujets philosophiques qui sont en pleine actualité. Notre hors-série de l'été sur la marche a aussi connu de belles ventes au numéro, avec 30 000 exemplaires.

 

Vous présentez Philosophie comme un magazine d'actualité avec un regard philosophique et non un magazine de philosophie. Comment cela influe sur votre positionnement souhaité en linéaires ?

Fabrice Gerschel : Nous souhaitons autant que possible être positionné avec les news magazines. Nos couvertures sont beaucoup plus proches de ce type de titres que des magazines culturels et littéraires avec lesquels nous sommes parfois rangés. D'après les tests que nous avons faits, les ventes sont bien meilleures dans un positionnement en actualités.

Cela correspond plus à notre lectorat qui est plutôt urbain mais de toutes les professions et pas du tout spécialisé en philosophie, ni issu du monde universitaire. Nos acheteurs sont aussi ceux du 1, de Courrier International, de L'OBS, du Point et des quotidiens.

Notre hors-série sur le travail, avec sa couverture cartonnée et son format de BD, peut être un bon cadeau de Noël. Il serait donc mieux placé en piles ou en facing.

 

Pourquoi avoir choisi un personnage aussi fainéant que Gaston Lagaffe pour ce hors-série sur le travail ?

Sven Ortoli : En réalité, c'est plutôt un hors-série Gaston Lagaffe avec pour angle le travail. Nous avons demandé à des philosophes comment ils le perçoivent. Pour Michel Lallement par exemple, le contre-héros de Franquin est l'ancêtre des hackers. Gaston Lagaffe est un symbole de fainéantise sympatique. En réalité, on se rend compte que c'est celui qui travaille le plus avec la création de ses inventions loufoques. Il a un côté anarchiste dans sa relation aux autres, mais il donne un sens au travail. C'est un personnage bienveillant, respectueux des animaux, et qui est finalement très de notre temps.