Trois questions à Elisabeth Laborde, directrice générale des Inrockuptibles

Les Inrockuptibles lancent le 30 août une nouvelle formule ambitieuse. L'occasion de faire un point sur la stratégie du magazine avec sa directrice générale, Elisabeth Laborde.

 

Pourquoi avoir lancé cette nouvelle formule ?

La dernière refonte des Inrockuptibles a eu lieu il y a presque 7 ans, nous avions donc la volonté de renouveler le magazine, à travers un projet éditorial nouveau, porté par le directeur de la rédaction Pierre Siankowski. Avec un maître-mot : la prescription. Nous pensons que dans un contexte d'explosion des contenus, les lecteurs ont besoin de se tourner vers des médias prescripteurs, qui sont force de recommandation. Et Les Inrocks savent très bien faire ça. En même temps, il ne s'agit pas d'abandonner le positionnement news que le magazine a adopté il y a 7 ans : nous allons mettre en avant notre caractère prescripteur dans des sujets culture, mais aussi société et politique.

 

A qui conseiller Les Inrockuptibles nouvelle version ?

Les diffuseurs peuvent selon moi le conseiller à deux catégories de clients. Tout d'abord, à des lecteurs connaissant Les Inrocks, trentenaires ou quadragénaires, qui pourraient y retrouver des éléments, entretien au long cours, story…  qu'ils ont pu penser (à tort !) avoir perdus. Mais aussi, à un public plus jeune, avide de cette fonction de prescription.

 

Le papier, pertinent pour l'avenir ?

Notre nouvelle formule print s'accompagne d'un volet numérique ambitieux et complètement repensé. Mais, ma conviction, c'est que la montée en gamme côté magazine va aussi permettre au papier de perdurer. Dans un contexte de consommation d'information plus massive sur le web, le journal papier doit avoir un positionnement beaucoup plus premium. Cela passe par le contenu éditorial évidemment, mais aussi par une direction artistique marquée, renforcée, et des unes « totem » qui mettent en valeur les choix de la rédaction.

Le dispositif autour du lancement de cette nouvelle formule est aussi pour nous une occasion de remercier les marchands : nous avons besoin d'eux et de leur connaissance de la presse pour être prescripteurs. La vente au numéro est déjà très importante pour nous, et l'enjeu est qu'elle augmente encore. Nous le savons, leur aide sera précieuse.