Trois questions à Jean-Dominique Siegel, coéditeur de We Demain

La revue trimestrielle We Demain fête cette semaine ses cinq ans. Un succès pour cette publication originale qui aborde les initiatives technologiques, économiques, ou culturelles qui feront le monde de demain. L’occasion d’un échange avec Jean-Dominique Siegel, cofondateur de We Demain avec son frère François.

Comment se porte We Demain ?

Quand un titre est toujours vivant au bout de cinq ans, c’est qu’il se porte bien ! Nous avons eu ce déclic en 2008, quand la faillite de la banque Lehman Brothers a initié selon nous le début d’un nouveau monde. Nous avons voulu concevoir un média qui soit un marqueur des valeurs de cette nouvelle époque, avec des thématiques autour de l’environnement, de la massification du numérique, de l’intelligence artificielle, et du partage. D’où un jeu de mot sur le titre : « we » pour « nous » en anglais, et « demain », pour incarner ces projections sur le futur.

Lancer un nouveau titre est tout de même un pari…

Nous avons voulu lancer notre marque de presse comme un créateur lancerait sa marque de couture : sans haute couture, pas de marque. Pour nous c’est pareil : il y a un écosystème autour du trimestriel, avec un site, de l’édition, des événements… Mais on ne peut pas séparer le papier du reste : plus la marque fonctionnera dans son ensemble, et plus nous pourrons investir dans le papier, porteur d’excellence éditoriale. Aujourd’hui, avec son modèle trimestriel, la revue est quasiment rentable ; elle est tirée à 28 000 exemplaires pour une diffusion comprise entre 18 000 et 20 000 exemplaires. Le tout, sans publicité, et avec une attention très importante portée à la qualité des articles, des photographies et illustrations, et de l’objet en lui-même.

Comment assurez-vous la distribution de We Demain ?

Même si nous sommes présents en librairies, le réseau presse est aujourd’hui notre principal relais, puisque nous sommes présents dans près de 4 600 points de vente, où nous sommes toujours bien positionnés. Les marchands nous apportent un vrai soutien, ce dont nous les remercions. Avec un produit à 12 euros, nous sommes aussi générateurs de chiffre d’affaires pour eux. Mais la revue étant coûteuse à imprimer, nous faisons attention à contrôler au maximum notre taux d’invendus, et nous devons donc extrêmement sélectifs dans notre distribution. Mais nos ventes sont en progression constante sur le réseau presse, ce qui dans le marché actuel mérite d’être souligné !