Trois questions à Laurent Jeanneau, rédacteur en chef d'Oblik

Alternatives Economiques lance aujourd’hui Oblik, une nouvelle revue annuelle (144 pages, format mook) au concept original (codification M 04877). Les explications de Laurent Jeanneau, coordinateur de la rédaction d'Alternatives Economiques et rédacteur en chef d’Oblik.

Pouvez-vous nous expliquer le concept de ce nouveau mook?

Oblik est né de notre envie de continuer à parier sur l’imprimé, qui selon nous, a encore un avenir. Oui, tout notre écosystème est bousculé par internet et la culture de la gratuité, mais nous sommes convaincus qu’en misant sur des produits de qualité, l’écrit est loin d’être mort. La condition, c’est de se réinventer, faire quelque chose de surprenant. C’est pourquoi pour Oblik, nous avons opté pour un contenu original : déboulonner une quarantaine d’idées reçues, avec une mise en forme visuelle, sous la forme de graphiques. Nous avons fait appel à une trentaine d’illustrateurs pour mettre en image les chiffres sélectionnés par la rédaction d’Alternatives Economiques, sur des thématiques comme l’éducation, le travail, l’Etat-providence, ou l’écologie. Nous sommes au cœur de la vocation journalistique : rendre les choses compréhensibles au plus grand nombre.

Le public s’est d’ailleurs mobilisé pour ce lancement…

Oui, nous avons lancé en juin une campagne de financement participatif. Dans une actualité médiatique saturée, après l’élection présidentielle et juste avant les législatives, nous avions peut que ce soit un flop et nous avons en réalité dépassé nos objectifs. Nous avons récolté 33 000 euros en un mois, alors que notre premier objectif était de 15 000 euros. Notre palier supérieur était de 30 000 euros et je n’y croyais pas, c’était donc une très belle surprise. Et surtout, les commentaires des contributeurs étaient très enthousiastes quant à notre projet. J’espère maintenant que cela va se traduire dans les ventes.

En quoi le réseau presse est-il stratégique pour vous ?

Oblik est un mook mais à Alternatives Economiques, notre premier réflexe est de nous tourner vers le réseau presse. Nous l’avons privilégié, y compris lorsque nous avons eu le choix pour la distribution de notre revue. Nous prévoyons un numéro par an, avec une « espérance de vente » assez longue. Il sera d'ailleurs en vente jusqu'au 25 janvier 2018. C’est une revue d’information, qui traite l’actualité mais de façon décalée. Nous pensons que les marchands peuvent par exemple l’exposer dans une section dédiée aux mooks et revues. Nous mettons en place 20 000 exemplaires. Si nous en vendons plus de 10 000, je considèrerai que c’est un succès !