Trois questions à Romain Burrel, directeur de la rédaction de Têtu

22/05/2018

Placé en liquidation judiciaire puis racheté par des nouveaux actionnaires, le magazine LGBT (lesbien, gay, bi, trans) Têtu annonce son retour en linéaires pour la fin de l'année. Une renaissance que nous détaille Romain Burrel, nouveau directeur de la rédaction.

 

Historiquement mensuel, Têtu est revenu en points de vente l'année dernière sous forme d'un bimestriel. Vous annoncez un retour du magazine en parution trimestrielle. Pourquoi ce changement ?

Je travaillais déjà avec l'équipe et j'ai fait le constat qu'un bouclage bimestriel était trop contraignant, surtout avec l'animation en parallèle du site Internet. Passer en trimestriel, ainsi que séparer les rédactions print et web, est une solution à ce problème. Il faut aussi savoir se faire rare pour se faire désirer. Tout cela nous permettra de produire un objet papier plus exigant, avec notamment des enquêtes encore plus fouillées.

 

La numérotation repart-elle de zéro ?

Nous reprenons la numérotation là où elle s'était arrêtée : le nouveau numéro, prévu pour la fin 2018, sera le numéro 217. Nous avons la chance d'hériter d'une belle marque et nous assumons tout ce qui a été fait auparavant. Nous sommes encore en train de recruter notre équipe, mais la pagination devrait être au moins aussi importante que la dernière version.

 

Vous relancez Têtu en développant à la fois ses versions web et papier. Quelle place accordez-vous à ce dernier ?

Nous croyons en la presse papier, malgré les tristes exemples récents de Vraiment et d'Ebdo. La dernière version du magazine se vendait entre 12 000 et 13 000 exemplaires, pour un tirage à 32 000. Une bonne surprise. Ce sont des chiffres honorables et le magazine papier était rentable. La communauté LGBT (lesbien, gay, bi, trans) à laquelle nous parlons est attachée au papier. Têtu a manqué cependant de moyens pour mieux exister en points de vente. Il y a des choses à mettre en place, c'est une vraie conversation que l'on va entamer avec la filière de distribution.