5 questions à Vincent Bernière, directeur de la rédaction de Métal Hurlant

28/09/2021

Le magazine dédié à l'univers des bandes dessinées et la science-fiction, Métal Hurlant, fait son grand retour sur papier demain. Après 15 ans d'absence en linéaires, le titre co-édite par les Humanoïdes Associés et Vagator Productions revient sous la forme d'un trimestriel de 288 pages. Vincent Bernière (Les Cahiers de la BD), directeur de la rédaction nous explique cette stratégie de relance. 

Quelle est la genèse de ce projet ? Pourquoi une telle renaissance ? 

L'idée était de profiter de la notoriété des Cahiers de la BD pour exister en points de vente. J'avais pour ambition de reprendre Pilote pour parler des nouveaux auteurs et autrices. Mais ça ne s'est finalement pas fait avec Média- Participations. Je me suis tourné vers les Humanoïdes Associés et nous avons relancé, en co-édition avec ma société, Vagator Productions, Métal Hurlant. Nous avons opté pour des numéros pouvant ressembler à des hors-série au rythme de 4 numéros par an avec, une fois sur deux, des rééditions autour de Métal Hurlant Vintage. Quelque chose qui soit à l'image de l'Ecran Fantastique Vintage, par exemple. Et nous y sommes. Après un an et demi de travail acharné, voici un trimestriel de 288 pages. Qui promet 220 pages de bandes dessinées et 60 pages de rédactionnel au prix de 19,95 euros !

Qu'allez-vous proposer à votre lectorat autour de cette dense pagination ? 

Ce numéro de lancement (et les suivants qui s'adressent aux lecteurs de 17 à 117 ans) est agencé selon deux paramètres : le "neer future", ou l'anticipation et les questions d’écologie. L'idée étant d'explorer des thématiques très actuelles comme le rapport entre les hommes et les femmes, la vie après la mort, la violence, la communication à travers les écrans, les puces électroniques, la santé, ou encore l'intelligence articielle, la guerre et l'énergie solaire, à travers la bande dessinée. A travers le travail d'auteurs et autrices du monde entier venant d'Australie, du Canada, de l'Argentine, de la Pologne, de France, ou encore de Belgique, d'Angleterre ou d'Espagne. La partie rédactionnelle analyse dans un second temps ces thèmes sous le prisme culturel ou sociétal. Métal Hurlant propose aussi des interviews d'écrivains de science-fiction, des entretiens avec des essayistes ou des philosophes. Pour exemple, Enki Bilal. La réflexion de notre équipe de 5 personnes, autour du travail d'une cinquantaine d'auteurs, c'est " Qu'est-ce qui pourrait, ou pas nous arriver demain ? " 

Quels sont vos objectifs de vente ? 

Nous avons imprimé 55 000 exemplaires de Métal Hurlant. Et nous en avons tiré 35 000 sur le réseau marchand. Avec un objectif de vente de 33 %. Je pense que nous pourrons approcher les 20 000 exemplaires si le réglage est bon. J’espère aussi que nous serons rapidement en rupture parce que le titre fait appel à une certaine fibre nostalgique. Qu'il aura son coup d'éclat en linéaires. Qu'il peut autant plaire en province, qu'en zone urbaine. Ce magazine peut toucher les anciens lecteurs comme les gens intéressés par la sience-fiction. Elon Musk, Jeff Bezos sont le symbole même de la science-fiction aujourd'hui, non ? 

Des conseils à communiquer aux marchands de journaux ?

Je leur conseille de placer Métal Hurlant au linéaire BD. C'est un linéaire encore en vie, qui propose beaucoup de titres. Cette sortie peut le redynamiser. C'est un magazine avec du contenu froid, qui propose des thèmes saillants. Et qui le seront toujours dans plusieurs années. La presse papier est loin d'être moribonde. Au contraire. Le journal papier est encore très pertinent. On ne peut pas raconter toutes ces histoires sur un écran. Un magazine papier fonctionne sans électricité, s'emporte partout. Et notre produit éditorial ne comporte pas de publicité. Vive la presse papier ! Vive les marchands de journaux. C'est un réseau formidable. Le maillage du territoire est extraordinaire, vivace. Merci à eux ! 

À quand le chapitre 2 en linéaires ?

Le deuxième numéro est prévu pour fin décembre avec le meilleur des archives du titre. Il proposera 25 histoires courtes de science-fiction sous la houlette de Jean-Pierre Dionnet, son fondateur.