Faire Equipe

18/01/2021

Chère consœur, cher confrère,

Depuis maintenant dix jours, un titre majeur est absent de nos linéaires : je veux bien sûr parler du journal L’Equipe dont les collaborateurs sont en grève pour protester contre le plan de sauvegarde de l’emploi proposé par la direction.

Je ne ferai aucun commentaire sur la légitimité des revendications des uns et des autres car il ne m’appartient nullement de m’immiscer dans ces débats.

En revanche, en tant que marchands de presse, nous pouvons dire que cette grève nous touche directement, ainsi que nos clients. Comme chacun le sait, L’Equipe est un quotidien de passionnés et aussi une locomotive des ventes et de la fréquentation de nos magasins : la fidélité à ce titre est grande, et je veux dire le désarroi des marchands qui ne peuvent répondre aux demandes de leurs clients-lecteurs.

Cette grève met une nouvelle fois en lumière la dépendance mutuelle entre éditeurs et marchands : l’absence d’un quotidien affaiblit considérablement notre linéaire et notre offre de presse, et donc notre activité. Soulignons ici qu’une dépendance est toujours réciproque : sans réseau de marchands pour les vendre, les éditeurs seraient également bien appauvris et menacés dans leur existence…

Mais il est vrai que les marchands de presse n’empêchent aucun acteur de la filière de travailler, et ne font jamais grève ! C’est ignorer la grève invisible -mais bien réelle- qui perdure depuis des années : celle des marchands qui réduisent leurs linéaires presse, voire qui arrêtent l’activité, découragés par les conditions d’exercice du métier…

Daniel Panetto
Président de Culture Presse