Numérique et papier : un impact différent

19/11/2018

Chez Culture Presse, nous défendons aussi bien le support papier, que les intérêts politiques ou commerciaux des marchands de presse ! Je le dis souvent, plusieurs enjeux sont liés aux transformations des habitudes de consommation de nos lecteurs. L’info numérique attire beaucoup de lecteurs, mais aussi les appétits des Gafam, au détriment des médias qui produisent ces contenus : le débat des droits voisins l’illustre bien en ce moment. Outre l’enjeu économique et de la répartition plus équitable de la richesse, le numérique pose aussi la question de notre temps disponible à la lecture, et surtout de la qualité de celle-ci sur écran : nous retenons moins bien les messages et sommes moins concentrés que lorsque nous lisons sur du papier.

Enfin, l’impact environnemental de ces supports me tient à cœur, et des idées reçues circulent à ce sujet : on accuse souvent le papier d’être à l’origine de dégâts exagérés sur l’environnement. Or il n’en est rien si le papier provient de filières durablement gérées et responsables. On ne peut pas en dire autant des écrans de nos ordinateurs ou tablettes, qui nécessitent terres rares, minerais et autres matières comme le plastique, dont la fabrication est polluante et le recyclage difficile. Sans parler des « data centers » ou centres de données, très consommateurs d’énergie.  

Qu’on ne s’y méprenne pas : je ne rejette pas le numérique et les écrans en bloc ; ils sont désormais indispensables dans nos vies et en tant que commerçants, ils sont des atouts pour notre développement. Je pense à la digitalisation et à l’informatisation de nos magasins par exemple, ou aux stratégies web-to-store… Nous avons aussi à accepter le fait que les lecteurs se partagent désormais entre plusieurs supports, et que ces lectures sont complémentaires. Mais parce que nous vendons du papier, nous devons aussi mettre ces enjeux à la réflexion, et rappeler ces réalités.