Quatre questions à Joseph Thouvenel, cofondateur de Capital Social

13/06/2022

Le 9 juin dernier, Joseph Thouvenel et Guillaume de Prémare lançaient le titre Capital Social ( 9€ ; codification : 02254 ) dans le grand bain. Une semaine après la sortie du premier numéro en points de vente, Joseph Thouvenel revient pour La Quotidienne sur cette nouvelle aventure.

Vous vous lancez dans l'aventure de l'information et de la réflexion partagées, quel est le concept de Capital Social ?

C'est un trimestriel économique et social. Son angle et son approche sont assez simples. Nous voulons, par rapport à ce qui existe déjà, remettre l'humain au centre. Nous estimons, qu’aujourd’hui, en caricaturant bien évidemment, il n’existe que deux lignes éditoriales : "l'économie, c'est mal" ou "le capital c'est parfait et c'est l’argent qui compte". De notre côté, avec Capital Social, notre idée est de raconter que la vie de l'entreprise n'est pas que ça, qu'il peut bien sûr y avoir des problèmes mais que cela peut bien ou mal se passer et que c'est l'humain qui fait la différence. En outre, on peut recenser dans le monde de l'entreprise de bons et de mauvais patrons, de bons et de mauvais salariés. Par ce magazine, nous tenons à défendre avant tout la valeur travail. Avec Capital Social nous abordons nos dossiers par une approche historique. On ne peut pas analyser une situation si on ne connaît pas sa genèse. Notre originalité est d’intégrer au sein de la rédaction à la fois des syndicalistes, des chefs d'entreprises, des indépendants, des mères de familles, des étudiants. Ainsi, on rend compte de la réalité du monde.

Comment ce projet est-il né ?

Le projet est animé par une petite équipe qui se connaît depuis longtemps. Avec cette équipe, nous avions mené en 2008 un combat commun, celui de la sauvegarde du lundi de Pentecôte comme jour férié dans le code du travail et nous avons gagné. Dès lors, nous nous sommes dit "on peut faire bouger les choses". La revue a été élaborée très rapidement. En l'espace de quatre mois, elle a pu sortir de nos plumes. J'ai reçu un don important d’un particulier pour défendre les idées que l'on prônait. Cela nous permet aujourd'hui d'être indépendants et d’effectuer un gros lancement.

Quel type de lectorat ciblez-vous ?

Capital Social s'adresse à tout le public qui se soucie de l'économie et du social. Le magazine intéressera notamment des cadres, des directeurs des ressources humaines. D'un point de vue global, notre magazine vise tous ceux qui sont curieux de découvrir un autre point de vue économique et social, avec une trame centrée autour de l'humain. Bien évidemment, le public espéré est le plus large possible. Tous ceux qui s'intéressent à leur travail trouveront à la fois des informations, des interviews, des chroniques et toute une partie culturelle, avec des ouvrages qui peuvent être liés à l'économie mais aussi à l’histoire et la littérature.

Quelles seront les surprises de ce numéro de lancement ?

Dans chaque numéro, il y a un dossier central. Dans le premier numéro, il aborde la question du travail du dimanche ou du repos dominical. Notre sujet arrive à un moment où il y a beaucoup d’erreurs et de méconnaissances sur ce véritable choix de société. Dans ce numéro, nous avons une première surprise avec un sondage Ipsos où l'on voit que 82 % des Français sont attachés au repos dominical et que la majorité des salariés préfèrent ne pas travailler habituellement le dimanche. Nous dénonçons également un certain nombre de préfets qui ne respectent pas la loi. Dans le même temps, les lecteurs pourront apprécier des chroniques qui vont revenir dans tous les numéros, que ce soit une chronique maritime ou une chronique sur le collectif au travail par un ancien DRH du groupe Suez. Capital Social présente aussi un "grand entretien", qui est une interview fouillée. Le premier concerne l’avenir du capitalisme avec l’économiste Pierre-Yves Gomez. Le magazine comprend également des dessins, des caricatures, des détournements de publicité et une page parodique sur la vie en entreprise. En septembre prochain, pour notre second numéro, nous traiterons des retraites, mensonges et vérités.