Quatre questions à Mahir Guven, co-fondateur du magazine RetroNews

02/02/2022

Depuis septembre dernier, les amateurs d'histoire peuvent se plonger dans RetroNews (19 euros ; codification 13923), une revue lancée en septembre dernier et déclinaison papier du site du même nom, portée par la Bibliothèque nationale de France (BNF) et les éditions Jean-Claude Lattès. A l'occasion de la sortie du deuxième numéro, toujours disponible en linéaires, Mahir Guven, co-fondateur du magazine, répond à nos questions sur ce titre historique à bien des égards

RetroNews, c'est d'abord un site de presse de la Bibliothèque nationale de France (BnF). Pourquoi avoir pris le pari d'un magazine papier ?

RetroNews est en effet au départ une mission de la BnF : celle de valoriser les archives de presse. De les restaurer, les mettre en valeur et les diffuser, effectivement à la base via un site internet. Pour mieux les faire connaître, pour pouvoir raconter le passé mais aussi le faire résonner avec le présent, avec l’actualité, on a voulu créer ce magazine qui peut être lu en quelques heures. Avec quatre grandes thématiques et une vingtaine d’entrées. Notre but est de faire redécouvrir l’Histoire aux gens. Souvent, nous pensons connaître le passé et l’Histoire, mais nous les connaissons mal. L’idée est de rendre le lecteur encore plus intelligent et érudit.

A qui s'adresse ce magazine ?

Notre cible est le lectorat qui aime les magazines et les hors-séries d’histoire. Par exemple ceux du Point ou du Figaro, ou lecteurs du magazine Historia. De façon plus générale, nous ciblons aussi les lecteurs de mooks. On a toute confiance dans le fait qu’il y ait des lecteurs qui aiment les magazines papier et les beaux objets. Nous voulions vraiment proposer quelque chose de beau, de noble. Et surtout quelque chose d’inédit. Parce que ces archives, personne d’autre ne les possède en France et dans le monde d’ailleurs. Nous sommes l'un des rares pays au monde qui conserve autant ses archives.

Le processus de numérisation des articles de presse semble être très long. Comment est fabriqué ce magazine ? 

Aujourd’hui, il y a trois siècles d’articles de presse qui sont conservés à la BnF, du milieu du 17ème siècle jusqu’à aujourd’hui. On y trouve tout ! Du local, du départemental, du national. Cela représente énormément de documents, 150 000 millions environ. Si vous multipliez ça par le nombre d’articles par documents, vous arrivez à quelque chose d’exponentiel. Aujourd’hui ont été numérisés 7 à 8% du fonds. Et il ne s’agit pas de placer les journaux dans une photocopieuse. Numériser signifie “rendre lisible en numérique”. Et donc pouvoir faire des recherches dans ces archives. Scanner pour scanner, sans indexer, sans connaître ce qu’il y a dans les articles, sans restaurer les journaux pour mieux les conserver, cela ne sert à rien. Tout avancera encore plus vite lorsque le Grand conservatoire national de la presse sera créé dans les prochaines années, impulsé par la BnF et soutenu par le gouvernement.

Quel rôle jouent les marchands dans votre statégie de diffusion ?

Ce sont des acteurs clés dans la diffusion de l’information. Ce sont eux qui connaissent le mieux leurs clients et donc les lecteurs et qui peuvent proposer ce que les éditeurs leur donnent. Ce sont des acteurs de proximité essentiels. Et on le voit dans la nouvelle économie, l’économie de proximité est quelque chose de très important. C’est fantastique qu’en France ils aient pu résister et petit à petit qu’ils se réiventent.

Photographe : Jean-Francois Paga