Quoiqu’il en coûte

15/06/2020

Chacun d’entre nous le constate dans son point de vente : la distribution reste compliquée et imparfaite, malgré les plans de secours un peu partout sur le territoire. Cela génère nombres d’incertitudes et de complexités dans nos tâches quotidiennes : incohérences sur nos bordereaux tant de livraisons que d’invendus, lorsqu’ils existent ; traitement des réclamations, lorsqu’il est possible de les passer ; auxquelles s’ajoutent les difficultés à tracer convenablement les flux via nos propres outils de gestion informatique, lorsque deux plans de secours s’additionnent pour nous permettre de recevoir de nouveau du papier ; etc. Bref notre quotidien s’est complexifié. Beaucoup d’entre nous ne reçoivent pas de presse ou c’est tout comme ! Quelques améliorations toutefois. La Corse reçoit enfin les quotidiens nationaux, mais à quel prix ? Près de 3 mois pour que la continuité territoriale reprenne ses droits. Je n’ose pas imaginer que les autorités et les pouvoirs publics ne tirent pas tous les enseignements pour qu’une telle inertie ne se renouvelle jamais. D’autant qu’en la matière, la Poste n’a pas assuré elle non plus sa mission, au grand dam de l’élu local de Culture Presse, Luc Chautard, qui n’a pas ménagé sa monture pour faire entendre aux élus de la République que nos confrères de l’Ile de Beauté étaient oubliés.

Cette discrimination de l’information pour nos concitoyens, car c’est bien de cela dont il s’agit, a continué son œuvre à Lyon, Marseille ou Toulon la semaine dernière (même si le plan de contournement MLP vient de démarrer). Là encore, nous sommes les victimes des ex-salariés de la SAD, qui continuent de bloquer les plans de secours et de nous pousser à la fermeture, alors que dans le même temps ils revendiquent de devenir eux-mêmes des entrepreneurs responsables tant leur métier nécessite de compétences professionnelles. J’ai du mal à comprendre. Et nos confrères Toulonnais, Marseillais ou Lyonnais avec moi ! Merci à Christian Andrieux, François Marmion et Christian Coudurier qui, en première ligne sur ces zones locales, n’ont pas démérité pour faire entendre l’asphyxie et le dégout de leurs confrères, alertant les médias qui étaient restés étonnamment silencieux jusque-là.

De mon côté, en liaison avec vos élus sur le terrain, j’ai exhorté les présidents de messageries, quoiqu’il en coûte, à livrer nos confrères sur toutes ces situations. A l’heure où j’écris ces lignes (aujourd’hui 11h30), en m’appuyant sur l’Observatoire de la distribution que nous avons mis en place, encore un tiers des zones de distribution en France sont perturbées voire très perturbées ! Lors d’un entretien avec le ministre de la Culture Franck Riester, je l’ai invité à peser de toute son autorité pour un retour à la normale sur tout le territoire. Après sa garantie sur le paiement de nos compléments de rémunérations du semestre en cours, tout comme il l’avait déjà fait pour le 2nd semestre 2019, il s’est engagé, suite à mes demandes successives, à soutenir financièrement les marchands spécialistes, plus qu’éprouvés entre la crise sanitaire et celle de la distribution. A l’heure de la présentation du 3e projet de loi de finances rectificative, je me concentre dans le même temps à discuter du contour et du montant de cette aide avec le Ministère.

Daniel Panetto