Survie

08/06/2020

Même si les choses semblent se remettre en place (trop lentement, trop tard) la situation reste compliquée pour beaucoup d’entre nous, de manière inégale dans le pays. Çà et là, les quotidiens manquent – la Corse n’en reçoit plus depuis 3 mois ! Lyon et Marseille sont toujours très affectées. Je ne peux que constater que la continuité de la presse n’a pas été respectée de manière égale et sur l’ensemble du territoire français. Les causes sont multiples – vous les connaissez, je ne reviendrai pas dessus ici – et si elles sont audibles, le résultat est le même : alarmant !

Après différentes formes de sabotage (intimidations, saccages, blocages, vols de coiffe, occupations…) à Roanne, Grenoble, Bordeaux, Nantes, Valence, Gallargues (etc.), je dénonce vivement ces nouveaux saccages de dépôts qui ont eu lieu ce week-end à Nîmes. Outre nous affaiblir toujours plus en nous maintenant la tête sous l’eau, c’est une atteinte volontaire à la diffusion de la culture et du débat démocratique en proximité. C’est inacceptable !

Alerter sans relâche tant que nécessaire fait partie de nos devoirs d’organisation professionnelle. Agir surtout est un besoin plus impérieux : c’est pourquoi, comme je vous l’avais annoncé la semaine dernière dans ces colonnes, nous avons mis en place une distribution directe, pour les zones de Marseille et Lyon, des titres du premier éditeur en France, Prisma. Ils ont commencé à arriver dans les points de vente indépendants spécialistes de ces zones. Oui, cette solution de secours se veut provisoire, oui elle a été bâtie en urgence, oui elle est imparfaite. Mais il était impensable que nous restions les mains dans les poches face aux appels à l’aide de nos confrères. Reworld Media, de son côté, ébauche aussi une livraison en direct pour certains points de vente. Je renouvelle ici mon appel aux autres éditeurs à se rapprocher de moi pour étudier au plus vite des solutions d’urgence similaires pour redonner espoir à mes confrères. J’espère qu’ils y trouveront là un réconfort en attendant les jours meilleurs.

De plus, nous avons mis sur pied un Observatoire de la distribution ad hoc, comme je vous en parlais la semaine dernière ; dès demain, nous serons à même de collecter les informations sur la distribution de partout sur le territoire.

Nous avons évidemment exploré la voie judiciaire, pour l’écarter, parce que de nombreuses voies nous sont fermées, parce que trop aléatoire, parce que beaucoup trop longue. D’autres moyens de défendre nos intérêts existent – et sont d’ores et déjà actionnés.

Il faut reprendre les livraisons à Marseille et Lyon, et débloquer une aide d’urgence pour nos confrères sur ces deux zones. Et il faudra aller bien au-delà. Il en va, pour beaucoup, de notre survie !

Daniel Panetto