Le 28 janvier, Ali Akbar, dernier vendeur de journaux à la criée de la capitale a été décoré par le président Emmanuel Macron des insignes de chevalier de l’Ordre national du mérite. Lors de la cérémonie, l’homme âgé de plus de 70 ans, a expliqué avoir déjà en tête la fausse manchette qu’il crierait les jours suivants l’événement : “Ça y est, je suis chevalier ! J’ai réussi !”
Arrivé en France à l’âge de vingt ans, il a indiqué que ce pays lui avait donné “l’espoir d’une vie meilleure”, à lui, qui a connu “la pauvreté, le travail imposé, les violences” dans son pays natal, le Pakistan.
C’est dans les années 1970, suite à une rencontre avec Georges Bernier, qu’il entre dans cette profession. “Le professeur Choron” lui a proposé de vendre ses journaux satiriques Hara-Kiri et Charlie Hebdo. Comme secteur, Ali Akbar choisi le quartier de Sciences Po : Saint-Germain-des-Prés. Aujourd’hui, principalement muni du Monde, Ali Akbar continue de sillonner les rues de la rive gauche de Paris, manchettes humoristiques à la bouche. Une technique qu’il a commencé à employer dans les années 1980 en inventant des titres parodiques et racoleurs. Il y a cinquante ans, contrairement à ses confrères, le dernier vendeur de journaux à la criée décida de déambuler. Aujourd’hui, il touche 1000 euros de retraite par mois mais continue de travailler entre 15 heures et 22 heures pour écouler en moyenne une trentaine de journaux par jour. A ses débuts, il en vendait entre 150 et 200.
Et maintenant ? “J’ai demandé de me trouver une place ici !”, plaisante Ali Akbar. “Non je vais rester, je vais continuer à vendre les journaux” et “amuser les gens avec mes blagues”.