Avec Sandrine Capus, en direct de Gaillac (Tarn)

03/04/2020

En cette 3ème semaine de confinement, la rédaction de la Quotidienne d’Union Presse continue ses interviews auprès des marchands de presse de l’Hexagone; commerçants qui multiplient leurs efforts pour s’adapter à la situation et continuer à diffuser la presse.

Comme Sandrine Capus, directrice de la SAS Alexco depuis 2013, dont le magasin en galerie commerciale, à Gaillac, (Tarn), d’une surface de 70m2, continue d'exposer pas moins de 3000 titres de presse en linéaire. Un service désormais proposé par la déléguée Culture Presse pour Toulouse-Albi-Montauban, de 8h30 à 13h, au lieu des habituelles fermetures de rideau entre 19h en semaine et 19h30 le week-end. Ce qui impose quelques changements d’habitudes… « Evidemment, moi qui n'ai plus que 100 clients contre 500 à 800 clients par jour, j’ai du prendre des dispositions. Mettre mes deux plein temps, mon apprentie et une autre employée au chômage partiel. Le confinement équivaut pour moi  à une perte de 70% de mon chiffre d’affaires. On ne vient plus pour les accessoires, la maroquinerie, les bijoux, ce que je considère comme de la vente additionnelle, mais seulement pour acheter des quotidiens comme La Dépêche et le Tarn Libre. Néanmoins, cette situation m'a permis de créer une nouvelle clientèle. Moins de seniors qui lisent des titres people mais davantage de 30-40 ans qui s'intéressent aux magazines sportifs, ou viennent avec des enfants pour acheter des ludiques, des autocollants ou bien Geo Ado, par exemple. Ce qui me permet d’augmenter le panier d’achat moyen de 9 à 11 euros environ. Bien sur les gens sont tendus en cette période, mais pour autant ils sont reconnaissants envers mon activité et me disent de prendre soin de moi. Ils sont aussi en recherche de contact. Je viens d’ailleurs de mettre en place avec un client âgé, qui habite à proximité, le portage du journal dans sa boite aux lettres. Il guette mon arrivée pour me fait coucou par la fenêtre. Ça lui fait très plaisir et il vient me régler au comptoir une fois par semaine. En plus de ça, je propose aussi la réservation des quotidiens. Mais ce service était déjà en place avant le confinement. Que voulez-vous, ça fait 7 ans que je sers mes clients, leur demander de rester chez eux, de ne pas venir gratter le loto c’est certes faire preuve de prudence et de bienveillance, mais il y a aussi un risque de les perdre ! Sinon, on a développé une technique entre vendeuses pour bien respecter les mesures d’hygiène. En plus du port de masques, des gants, de l'utilisation de gel et du sens de circulation, on passe deux fois plus l'eau de Javel au sol qu’auparavant. Et on se partage une caisse pour deux pour faire les encaissements. Comme ça, les clients sont à 3 ou 4 mètres de distance les uns des autres ».