Chères consœurs, chers confrères,
Depuis le début de l’année, les chiffres de l’encaissement presse du spécialiste indépendant ne sont pas très enthousiasmants. Le marché est en effet orienté à la baisse, avec une tendance fortement négative qui s’est accentuée tout au long du trimestre. Je vous disais d’ailleurs le mois dernier que nous avions enregistré une baisse très forte de la valeur, au plus bas du trimestre. Bien sûr, nous savons que le contexte national et international n’est pas propice aux activités commerciales, le commerce étant aussi une affaire de confiance.
L’observatoire d’avril nous a réservé une bonne surprise, en rompant avec cette tendance de plus en plus affirmée à la baisse. De fait, l’encaissement presse moyen n’aura baissé que de 1,2%, contre quasiment 8% en mars. Cette rupture dans la spirale baissière fait du bien au moral. Certes, on ne parle pas d’une hausse de volume d’affaires prix fort par rapport à avril 2025, mais plutôt d’une érosion mesurée. Dans le détail, ce sont les magazines, qui représentent tout de même 70% de nos ventes de presse, qui affichent une légère hausse de 0,3% en avril. Ils redonnent l’espoir de redresser la situation. De très légères progressions sur les 5 familles de magazines qui constituent nos meilleures ventes ont permis de réaliser cette embellie. Il faut dire que ces 5 univers représentent 68% de nos ventes de magazines. On notera toutefois que la famille « actualité générale » reste à la traîne avec une baisse de 4,4%. L’actualité est riche, certes, mais sans doute trop anxiogène pour attirer le consommateur de presse. Une difficulté qui se retrouve sur les quotidiens nationaux IPG, dont les ventes sont en recul de 6,7%. La famille « sports » enregistre elle aussi une baisse de 6% de ses ventes. Ce sont ces contre-performances qui expliquent la baisse de 1,2% alors que les magazines progressent légèrement et que l’encyclopédie se montre plus résiliente qu’en 2024 ou 2025 avec une tendance à -2,7%.
Je note toutefois que la fréquentation est encore en baisse en avril, avec 3,6% de tickets-caisse en moins comparé à avril 2025. Une donnée à corréler avec une évolution de nos encaissements tous produits confondus de -3,1% qui traduit bien là, une tension sur toutes nos autres activités.
Jean-Michel Detchart
Président national de Culture Presse