Le groupe EBRA pense déjà à demain. Il a annoncé lancer un plan stratégique nommé “EBRA 2030”, présenté aux représentants du personnel. Face à “une perte opérationnelle de plus de 10 millions d’euros en 2025”, mentionne-t-il, il organise la révision de son modèle afin de poursuivre la couverture de l’actualité dans les territoires.
Quatre axes pour se transformer
Le plan a un objectif clair celui de “construire un modèle pérenne permettant de continuer à financer une information locale indépendante et de qualité, au service de ses lecteurs et de ses territoires“, annonce l'éditeur. Une proposition d’un nouveau projet éditorial, vise “à renforcer la place des enquêtes, reportages et grands formats, tout en proposant des contenus toujours plus proches des préoccupations quotidiennes des lecteurs". L'accent est mis sur les histoires fortes prenant place dans les territoires. Un pôle news et un réseau d’experts, disponibles dans toutes les rédactions, sont prévus afin de permettre “une meilleure réactivité éditoriale”. Le pilotage du projet sera confié à un directeur des rédactions. La stratégie cherche également à conquérir et fidéliser un nouveau lectorat, tant sur le print que sur le web.
Une future plateforme numérique sera commune aux neuf publications appartenant au groupe (Le Dauphiné Libéré, Le Progrès, Le Bien Public, Le Journal de Saône-et-Loire, Le Républicain Lorrain, L'Est Républicain, Vosges Matin, Les Dernières Nouvelles d'Alsace et L'Alsace). L'évolution de l’organisation, des outils et des moyens se traduit par un renforcement des “compétences numériques et marketing/data en les regroupant au sein d’équipes dédiées au développement des audiences et des abonnements”, pour l’ensemble des journaux. L’entreprise médiatique met en œuvre progressivement “de nouveaux outils technologiques [NDLR : dont l’intelligence artificielle (IA) et le projet MEPA (Mise En Page Automatique)] afin de simplifier certains flux de production et d’automatiser des tâches techniques et répétitives, notamment de mise en page et d’édition” pour “améliorer les conditions de travail des journalistes”, et leur permettre ainsi de dégager plus de temps pour les contenus, l’enquête, le reportage, le numérique et le lien de proximité avec les territoires, développe le texte. Le géant régional a réaffirmé son “attachement à la présence de ses rédactions sur le terrain, qui demeure au cœur de son projet éditorial”. Malgré l’utilisation de l’IA et de MEPA, les journalistes resteront respectivement aux commandes des choix éditoriaux et de la validation des contenus et “resteront pleinement responsables de la validation de la proposition faite par les outils. Ils pourront toujours y apporter une modification ou les refuser”, précise le groupe.
Les quatre imprimeries restent mais leur organisation sera revue pour convenir à l’évolution des volumes. Des activités d’EBRA Services (studio graphique, annonces, ordonnancement) “évolueraient afin de mieux répondre aux besoins des titres et aux évolutions du marché, tout en maintenant la qualité de service”.
Une réorganisation au sein des effectifs
Le plan de repositionnement volontaire, envisagé, prévoit de toucher jusqu’à 400 postes, notamment au sein de la rédaction, de l’imprimerie, de l’administration des ventes et du studio graphique. Les départs ne seront pas contraints, assure le groupe, et chaque employé volontaire bénéficiera d’un suivi personnalisé incluant une perspective adaptée au parcours comme un repositionnement, une solution de mobilité, de formation ou une reconversion professionnelle. 68 postes devraient voir le jour, principalement au service rédactionnel. EBRA rappelle que le “projet donnera lieu, au sein des sociétés concernées, à une procédure d’information-consultation du Comité Social et Économique (CSE) ainsi qu’à des négociations avec les organisations syndicales, celles-ci seront suspendues au cœur de l'été et reprendront à l’issue de la période estivale.“