Chères consœurs, chers confrères,
Après une année 2024 exceptionnelle à tous points de vue, et des ventes moyennes de presse en hausse de 1,3% pour les spécialistes indépendants, l’année 2025 fait figure de correctif. Deux mois seulement en progression sur douze – juillet et septembre – et une fin d’année compliquée expliquent un retrait de 4% de nos ventes de presse. C’est évidemment une mauvaise nouvelle pour nous, même s’il faut tenir compte de 2024 et qu’au final, sur deux ans, nous n’avons ainsi perdu que 2,7% de volume d’affaires prix fort (VAF). C’est bien sûr aussi une mauvaise nouvelle pour les autres acteurs de la filière qui ajoutent à cette contre-performance, celle des réseaux non-spécialistes et de de la grande distribution alimentaire, et une attrition du nombre de points de vente qui devrait s’établir autour de 3%.
Dans le détail, on peut noter que les magazines ont réussi à résister à la tourmente. Pour cette famille de presse, la baisse de VAF est de 2,4% en cumul annuel. Compte tenu du contexte, cela reste plutôt contenu. Quatre familles merchandising sur treize sont en progression cette année, par rapport à 2024. Les ludiques (+1,5%) et la presse enfants (+2,1%) – 2 familles parmi les plus vendues chez les indépendants spécialistes. La surprise vient des titres people qui retrouvent des couleurs après plusieurs années de baisse. L’actualité générale baisse peu (-1,1%), signe d’un intérêt de nos compatriotes, et les programmes télé (famille toujours leader dans nos ventes) résistent assez bien (-2,2%). En revanche, les féminins souffrent très nettement, avec des ventes en baisse de plus de 12% en un an.
Une année difficile aussi, du côté des quotidiens nationaux, qui enregistrent une VAF moyenne en baisse de 5,1%. Après un début d’année très correct, l’été a été franchement difficile, alors que les Français voulaient peut-être se changer les idées, dans un monde bouleversé et, disons-le, souvent anxiogène, sans actualité sportive riche. La fin d’année a été compliquée, notamment pour les quotidiens d’information politique et générale, avec un net décrochage dû probablement à une actualité nationale concentrée sur des questions budgétaires largement incompréhensibles pour le commun des mortels. L’encyclopédie continue de baisser fortement puisqu’ elle ne représente plus que 5 % de nos ventes.
Nous ne pouvons qu’espérer de meilleures performances pour 2026, en comptant sur une redynamisation du réseau par des actions commerciales , mais aussi par la revalorisation de notre rémunération et nos aides à la modernisation.
Restons plus que jamais unis et mobilisés !
Jean-Michel Detchart
Président national de Culture Presse