Cette semaine, les femmes ouvrent la bouche. Dans les ouvrages de Begoña Gómez Urzaiz, Nina MacLaughlin et Noëlle Châtelet, ce sont des femmes fictives et réelles qui parlent des combats qu’elles mènent : ne pas être considérée comme une mauvaise mère, témoigner de la violence subie et oser protester contre les mœurs en vigueur.
Les abandonneuses, Begoña Gómez Urzaiz
La pandémie de Covid-19 a vu Begoña Gómez Urzaiz s'intéresser à la vie de certaines femmes. Ces dernières, réelles ou fictives, partagent le choix de ne pas s’être sacrifiées pour leurs enfants. Par ce geste, elles risquent de se positionner comme des adversaires, tant face aux mœurs sociétales que face à leur intuition maternelle, car on tant à voir les femmes dans cette situation comme des désertrices, tandis que les hommes, eux, quittent seulement leurs enfants. Les Abandonneuses est le premier livre de Begoña Gómez Urzaiz. Il s’inspire de son histoire, couplée à celles d’autres femmes et “explore les émotions contradictoires qui nous lient à nos enfants, démonte le mythe de “la mauvaise mère” et s’interroge sur ce que cela signifie aujourd’hui d’être à la fois femme et mère tout en suivant son propre chemin”, conlut les éditions Stock.
Sirène, debout, Nina MacLaughlin
Proie des dieux et des hommes durant deux millénaires, Arachné, Callisto, Echo, Méduse, Scylla et Eurydice, personnages des Métamorphoses d’Ovide, s’expriment pour la première dans ce livre de Nina MacLaughlin. Son récit entremêle le monde antique et le monde contemporain et fait correspondre “les mécanismes de la violence”, précise les éditions Le Livre de Poche, avec les questions de genre et de classe. C’est “sans pudeur ni retenue”, déclare Paul-Etienne Garde, éditeur imaginaire, qu’elle raconte la violence qui a été administrée à ces femmes et leur octroie une voix.
A l’école des filles, Noëlle Châtelet
Fin des années 1950. Noëlle Châtelet vit dans un pensionnat à une époque où les femmes sont sous le joug de directives issues d’un autre temps. Dans cet établissement, elle proteste contre les règles des surveillantes et les convenances qui sont celles de ces années-là, tout en goûtant à l’amour féminin clandestin. C’est ici qu’elle a appris “le sens de la justice et appris la valeur de liberté”, en plus de développer “un art de la subversion”, explique les éditions Robert Laffont. A l’école des filles n’est pas son premier roman, loin de là. L’autrice en a déjà écrit plus d’une vingtaine parmi lesquels figurent également des essais, des pièces de théâtre et des essais.